Conférences Thématiques

Contrôle des Pollutions et traitement des Eaux: état des lieux et défis pour la Gestion Durable de l'Eau au Mali.
par le Pr Amadou Hama Maïga.

Collège des Sciences et Techniques.

Conférence Thématique du 29 Octobre 2022

Contrôle des pollutions et traitement des eaux : état des lieux et défis pour la gestion durable de l’eau au Mali.
Pr Amadou Hama Maïga
Collège des Sciences et Techniques
Résumé de la Communication
L’eau douce est une ressource naturelle limitée, nécessaire à la vie et aux systèmes écologiques. Elle est essentielle pour le développement économique et social. C’est un bien commun qui, s’il n’est pas bien géré peut être source de conflits ou constituer un risque pour les êtres humains, leurs systèmes de production et leur environnement.
Les enjeux sociopolitiques de l’eau ont justifié que dans l’Agenda 2030 lancé par les Nations Unies en 2015 en vue « d’éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes » figure l’Objectif 6 qui vise à « Garantir l’accès de tous à des services d’eau et d’assainissement gérés de façon durable ».
Le Mali dispose de suffisamment de ressources en eau douce renouvelables pour ses besoins à venir au cours du siècle. Le pays est traversé par les trois plus grands fleuves de l’Afrique de l’Ouest (le Niger, le Sénégal et par le fleuve Volta à travers son affluent le Sourou). Le Mali dispose également de nombreux autres plans d’eau plus ou moins pérennes (lacs, rivières, marigots, oasis, mares), et près de 30% du territoire se trouve au-dessus des aquifères profonds du Sahara très riches en eau.
Les ressources disponibles en eau du Mali sont estimées entre 6000 et 15 000 m3/hab/an alors que le seuil de vulnérabilité hydrique est de 2500 m3/hab/an et celui du stress hydrique de 1700 m3/hab/an.
Mais les ressources en eau du Mali sont menacées à la fois par la variation du climat et par une pollution grandissante due à de mauvais systèmes d’assainissement et à des activités d’orpaillage incontrôlées.
C’est ainsi que l’indice de Pauvreté économique en eau du Mali (indice qui intègre le contrôle de pollution et la durabilité des ressources) le place au bas de l’échelle dans la classe « 7,7-12,6 » contre la classe « 23,7-28,5 » pour les pays les moins pauvres en eau.
Les pollutions de sources diffuses et ponctuelles s’accentuent aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Les déchets industriels et les déchets spéciaux potentiellement dangereux ne font pas l’objet de contrôle conformément à la réglementation nationale et internationale.
Par ailleurs les techniques et les produits de traitement appliqués aux systèmes d’approvisionnement en milieu hors périmètre concédé à la SOMAGEP sont pour la plupart inadéquats et peuvent même être dangereux pour les populations. C’est le cas des produits de chlore achetés dans le commerce utilisé en désinfection.
Le Mali doit prendre en charge ces menaces, aux risques de voir la viabilité de ses ressources en eau comprise de manière irréversible.
La prise charge de ses menaces doit être définie dans le cadre de la gouvernance des ressources en eau. Il s’agit des documents législatifs, des documents de politique nationale de l’eau et de politique nationale d’assainissement et des cadres programmatiques du secteur.
Dans l’état actuel des choses il n’y a pas de crise d’eau au Mali mais plutôt une crise de gouvernance de l’eau.
A ce jour aucun des dispositifs réglementaires n’est réellement mis en œuvre et les structures de contrôle des pollutions ne sont que faiblement opérationnelles.
Le Mali doit accélérer les efforts en vue de rattraper son retard sur l’ODD 6.5 relatif à la GIRE et l’ODD 6.3 relatif à la qualité de l’eau, conditions nécessaires pour atteindre les autres cibles ODDs .
Cela passe par la mise en place d’un système national de contrôle des pollutions associant les institutions publiques en charge des secteurs de l’eau et de l’assainissement, les institutions de formation et de recherche, les collectivités et le secteur privé.

Les Systèmes de Domination par Ascendance au Mali, y compris l'Esclavage par Ascendance.

Pr Bakary Camara, Membre de l'Académie

Pr Bourema Cissé, Anthropologue

Mohamed Ag Bilal, Expert, Membre de TEMERDT

Les systèmes de domination par ascendance au Mali, 5 novembre 2022.

Résumé: Plusieurs études ont été menées directement ou indirectement sur le phénomène de l’esclavage au Mali. Considéré comme révolu avec l’avènement de la colonisation, la question de l’esclavage réapparaît de nouveau sous une nouvelle forme, « l’esclavage par ascendance ».

L’idée d’une conférence sur la question est née du fait que depuis quelques années, à cause du développement économique et de l’influence des rapatriés de la région de Kayes, le phénomène de « l’esclavage par ascendance » s’est révélé au grand jour à la suite du refus de la condition d’esclave de ceux qui le subissent au quotidien. 

Depuis octobre 2018, plus de 1624 personnes déplacées internes fuyant les violences sont identifiées et officiellement déclarées dans la région de Kayes. 

L’esclavage par ascendance est une situation où des personnes naissent en esclavage parce que leurs ancêtres ont été capturés ou achetés et que depuis lors, leurs familles ont vécu sous le joug des propriétaires d’esclaves. Le statut d’esclave est transmis par la lignée maternelle.

Étudier la question de l’esclavage par ascendance suscite aussi des questions liées à d’autres formes de « domination par ascendance » dans notre société : d’où l’intitulé de la conférence « les systèmes de domination par ascendance au Mali ». 

C’est pour comprendre le phénomène dans sa totalité dans les différentes régions du pays que cette activité scientifique est organisée.